CM-TPME : les priorités chiffrées pour les TPE-PME marocaines

Une TPE marocaine employant 5 salariés et réalisant 2 millions de dirhams de chiffre d’affaires subit en moyenne 167 jours de délai de paiement (baisse de 32 jours par rapport à 2023), contre un plafond légal de 60 jours. La Confédération marocaine des TPE-PME (CM-TPME) a publié un appel exigeant que les petites entreprises deviennent une priorité gouvernementale, adressé au gouvernement d’Aziz Akhannouch et d’El Mansouri, selon Lebrief. L’organisation patronale formalise un cahier revendicatif structuré autour de treize points, rappelant les plateformes syndicales des précédents cycles de négociation sociale au Maroc.
Les priorités de la CM-TPME
La confédération réclame des engagements précis dans quatre domaines : fiscalité, financement, charges sociales, simplification administrative et délais de paiement interentreprises.
- Allègement de l’impôt sur les sociétés avec barème dégressif selon la taille
- Élargissement de l’accès aux garanties publiques de financement
- Révision du calcul des cotisations sociales pour les entreprises à faible masse salariale
- Réduction des documents administratifs lors de la création et renouvellement d’activité
- Application effective des sanctions contre les grands donneurs d’ordre dépassant les délais légaux
La CM-TPME ajoute des demandes sur la digitalisation fiscale et l’accompagnement à l’export.
Pourquoi des engagements chiffrés
Les plans de soutien passés sont restés difficiles à évaluer faute d’objectifs mesurables. La CM-TPME réclame des chiffres précis plutôt que des intentions générales pour éviter que ses revendications se diluent dans un programme électoral générique. Un engagement écrit, daté et chiffré constitue un point de repère vérifiable après le scrutin.
Calendrier électoral
La publication intervient à l’approche des élections législatives du 23 septembre, avant que les programmes électoraux ne soient figés. Plusieurs partis, dont le RNI et l’Istiqlal, doivent arbitrer leur participation au prochain gouvernement. Le gouvernement El Mansouri n’a pas encore détaillé de réponse point par point au cahier revendicatif. La confédération annonce maintenir la pression jusqu’à l’obtention de prises de position écrites.
Impact pour les entreprises françaises
Pour une TPE française exportant vers le Maroc ou y sous-traitant sa production, ce bras de fer détermine le coût et la fiabilité de son partenaire local. Un allègement des charges sociales ou une réduction des délais de paiement change directement la trésorerie du fournisseur marocain et sa capacité à tenir ses engagements contractuels. Toute entreprise française en relation avec une TPE-PME marocaine a intérêt à suivre l’issue de ce dialogue avant de négocier de nouveaux délais ou volumes pour 2027.
Sources



