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Auto-entrepreneurs : les plateformes vont prélever vos cotisations à la source

Lucas Webson Par Lucas Webson
Publié le 1 septembre 2026 · Lecture 3 minutes
Auto-entrepreneur consultant son chiffre d'affaires sur une application de plateforme numérique

Autant le dire tout de suite : un nouveau prélèvement à la source arrive pour les auto-entrepreneurs qui travaillent via des plateformes, et il ne remplace rien, il s’ajoute au circuit existant. Selon Presse Agence, le dispositif entre en phase pilote en avril 2026 auprès de huit plateformes volontaires, avant généralisation au 1er janvier 2027. Concrètement, les plateformes retiendront elles-mêmes la part sociale sur les revenus versés aux livreurs, chauffeurs et prestataires indépendants, au lieu que l’Urssaf la collecte via déclaration classique. Ce chantier, confirmé par l’Urssaf, ne change rien au montant des cotisations, seulement à leur circuit de collecte.

Premier point à ne pas mélanger : ce prélèvement par plateformes n’a rien à voir avec le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. Les deux mécanismes cohabitent, se calculent différemment et concernent des flux distincts. C’est la confusion la plus fréquente chez les auto-entrepreneurs, alors autant clarifier tout de suite qui paie quoi, et comment.

Cotisations sociales et impôt : deux prélèvements, deux logiques

Dans les faits, voilà ce que ça donne : le régime auto-entrepreneur repose sur deux briques bien distinctes. D’un côté le régime micro-social, qui couvre les cotisations sociales, payées à l’Urssaf mensuellement ou trimestriellement sur le chiffre d’affaires. Les taux varient selon l’activité : 12,3 % pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les prestations BIC (bénéfices industriels et commerciaux), et jusqu’à 25,6 % pour les activités libérales, un taux porté de 24,6 % depuis 2026. Le taux Cipav, qui concerne certaines professions libérales réglementées, est passé de 21,2 % à 23,2 % au 1er juillet 2024, selon l’Urssaf.

De l’autre côté, le prélèvement à la source concerne l’impôt sur le revenu. Il s’applique par défaut à tout auto-entrepreneur qui n’a pas opté pour le versement libératoire, précise impots.gouv.fr. L’administration calcule des acomptes mensuels ou trimestriels prélevés directement, sur la base des revenus déclarés deux ans plus tôt, puis régularisés l’année suivante.

Versement libératoire : qui bascule du régime classique

Un auto-entrepreneur ayant opté pour le versement libératoire échappe au prélèvement classique : il paie son impôt en même temps que ses cotisations à l’Urssaf, selon un taux forfaitaire appliqué au chiffre d’affaires. Une sorte de guichet unique, en somme, plutôt que deux prélèvements séparés à des dates différentes.

Cette option requiert une demande expresse auprès de l’Urssaf, rappelle impots.gouv.fr. Les taux sont : 1 % pour la vente, 1,7 % pour les prestations BIC, 2,2 % pour les professions libérales, selon l’Adie (14 avril 2026). Ces taux s’ajoutent aux 21,2 % ou 12,3 % de cotisations sociales, ils ne les remplacent pas.

Et pour une entreprise comme la vôtre ?

Prenons un cas concret : un auto-entrepreneur en BIC qui facture 3 000 € par mois. Sans versement libératoire, il verse 636 € de cotisations (21,2 %) plus un acompte d’impôt calculé sur 1 500 € de revenu imposable après abattement de 50 %. Avec versement libératoire, il paie les mêmes 636 € de cotisations plus 51 € d’impôt forfaitaire (1,7 %), sans régularisation ultérieure. Sur l’année, l’écart ne porte quasiment pas sur le montant final payé au fisc, mais sur la trésorerie et la prévisibilité : avec le versement libératoire, vous savez à l’euro près ce qui part chaque mois, sans mauvaise surprise de régularisation. Pour une petite structure qui jongle avec sa trésorerie, ce n’est pas un détail : c’est souvent le critère qui fait pencher la balance.

Premier réflexe si vous hésitez : simulez les deux options sur une base de chiffre d’affaires réaliste avant de vous engager, car le choix du versement libératoire se fait sur demande et engage pour l’année en cours.

Micro-entrepreneur non imposable : déclaration obligatoire ?

Oui, et c’est un point qui surprend souvent. Même sans impôt à payer, la déclaration reste obligatoire, avec un prélèvement calculé à taux nul. L’Urssaf, elle, continue de prélever les cotisations sociales, qui restent dues indépendamment du niveau d’imposition.

Sources

  • Urssaf : Auto-entrepreneur : bientôt le prélèvement à la source par les plateformes
  • Impots.gouv.fr : En tant que micro-entrepreneur, suis-je concerné par le prélèvement à la source ? (16 juin 2026)
  • Adie.org : Micro-entrepreneur : le prélèvement à la source (14 avril 2026)
  • Autoentrepreneur.urssaf.fr : L’essentiel du statut
Lucas Webson Écrit par Lucas Webson, rédaction du Troquet Numérique. Une erreur, une précision : la page contact est là pour ça.