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Redressements d’entreprises en Sarthe : +0,5 % en un an, comment réagir

Lucas Webson Par Lucas Webson
Publié le 18 septembre 2026 · Lecture 4 minutes
Devanture de commerce fermée dans une rue du Mans en Sarthe





Procédures collectives en Sarthe

Les procédures de redressement et liquidation judiciaires ont évolué de +0,5 % entre juillet 2025 et juillet 2026 en Sarthe selon l’ACTAV, contredisant la hausse de 20 % avancée par Ouest-France le 14 septembre 2026. Entre 329 et 578 entreprises sarthoises sont sous procédure collective selon France Reprises et Doctrine. L’écart tient au périmètre retenu (dossiers ouverts cette année contre stock total), requérant une appréciation prudente.

Combien d’entreprises sont en procédure collective en Sarthe

Le tribunal des activités économiques du Mans traite 329 dossiers actifs selon France Reprises, avec 8 mouvements la semaine du 8-10 septembre 2026. Doctrine, intégrant les procédures anciennes non clôturées, recense 578 entreprises.

La restauration domine : Pierapha et Sakina Food (Le Mans) liquidées début septembre 2026. Le bâtiment suit : Iso Renov 72 (Brette-les-Pins) et HM Pose (Le Mans), liquidées début septembre.

Redressement ou liquidation : ce qui change

Le redressement vise à sauver l’activité avec poursuite de l’exploitation ; la liquidation l’arrête immédiatement et vend les actifs.

CritèreRedressement judiciaireLiquidation judiciaire
ObjectifPoursuivre l’activité, apurer les dettesCesser l’activité, vendre les actifs
DuréeObservation 6-18 mois, plan jusqu’à 10 ansQuelques mois à 1 an
Issue possiblePlan de redressement, cession ou conversion en liquidationClôture pour insuffisance d’actif
DirigeantReste en fonction sous contrôleDessaisi, remplacé par le liquidateur
SalariésContrats maintenus en principeLicenciements économiques quasi systématiques

En Sarthe : Lebertact (supermarché Bonnétable, 6-9 salariés) en redressement depuis 1er septembre 2026 au tribunal du Mans. Alpha Service Sycaro (Coulaines) a obtenu un plan de redressement validé le 10 septembre, prouvant qu’une sortie de crise est possible avec engagement précoce.

Quels secteurs sont les plus touchés

Restauration, commerce de détail et bâtiment concentrent les défaillances récentes selon les annonces BODACC début septembre 2026. L’agroalimentaire n’est pas épargné : Corpore Sano (transformation de fruits, Le Mans) liquidée le 2 septembre. Ces secteurs sont structurellement fragiles en trésorerie, sensibles aux baisses d’activité ou hausses de charges.

Quel tribunal traite les procédures en Sarthe

Le tribunal des activités économiques du Mans est l’unique juridiction compétente pour tout le département. C’est devant lui que s’ouvrent toutes les procédures et que son greffe centralise les publications légales.

Comment être prévenu d’une nouvelle procédure

Les publications légales (BODACC, actulegales.fr) sont la source officielle mais lourdes à lire. Des services comme France Reprises ou Doctrine permettent de créer une alerte email gratuite filtrée par département, sans création de compte en version basique.

Peut-on reprendre une entreprise en difficulté

Oui. En redressement, un tiers peut déposer une offre de reprise dans un plan de cession validé par le tribunal. En liquidation, le liquidateur peut céder des actifs isolés ou une branche d’activité.

La CCI Sarthe, les avocats spécialisés au Mans et le CIP (centre d’information sur la prévention) accompagnent ces démarches et orientent gratuitement les dirigeants avant l’ouverture d’une procédure.

Que faire avant la cessation de paiement

Un dirigeant voyant sa trésorerie se tendre dispose d’options avant le dépôt de bilan obligatoire. La procédure de conciliation, confidentielle, permet de négocier avec les créanciers sous l’égide du tribunal sans publicité. La CCSF peut accorder des délais sur les dettes fiscales et sociales.

Attendre la cessation de paiement (incapacité à régler ses dettes exigibles) referme ces options : au-delà de 45 jours après, la déclaration au tribunal devient obligatoire sous peine de sanctions.

Coûts pour une PME de 10 salariés

Redressement judiciaire : honoraires d’administrateur judiciaire 3 000-8 000 euros pour l’observation, frais de greffe 200-400 euros, plus le temps de dirigeant absorbé par audiences et négociations. Liquidation : indemnités de licenciement à provisionner et, faute d’actif suffisant, passif repris en partie par l’AGS pour les salaires impayés.

Premier pas : contacter le CIP ou la CCI Sarthe dès les premiers signes, pas après un impayé fournisseur. Une conciliation ouverte trois mois avant coûte infiniment moins qu’un redressement forcé.

Questions fréquentes

Quelles entreprises sarthoises sont en difficulté actuellement ?

Début septembre 2026 : Lebertact (supermarché Bonnétable, redressement), Sakina Food et Pierapha (restauration Le Mans, liquidation), Iso Renov 72 (BTP Brette-les-Pins, liquidation), Corpore Sano (agroalimentaire Le Mans, liquidation).

Quel est le plus gros employeur touché ?

Lebertact (supermarché Bonnétable) figure parmi les plus significatifs avec 6-9 salariés. Les autres procédures publiées concernent majoritairement des structures de 0 à quelques salariés.

Comment un créancier doit-il réagir ?

Le créancier doit déclarer sa créance au mandataire ou liquidateur dans les deux mois suivant la publication BODACC, délai figurant dans chaque jugement d’ouverture.

Sources

  • Ouest-France : Redressements et liquidations d’entreprises en Sarthe : « Une augmentation de 20 % », 14 septembre 2026
  • ACTAV : données officielles procédures collectives, juillet 2025-juillet 2026
  • Doctrine : Redressement et liquidation judiciaire Sarthe (72), septembre 2026
  • France Reprises : Entreprises en difficultés, Sarthe (72), septembre 2026


Lucas Webson Écrit par Lucas Webson, rédaction du Troquet Numérique. Une erreur, une précision : la page contact est là pour ça.